
Vidéo et déontologie : ce qu'un avocat peut (et ne peut pas) montrer face caméra
"Est-ce que j'ai le droit de faire des vidéos ?" C'est la première question que posent les avocats quand on leur parle de stratégie vidéo. La réponse est oui. le Conseil d'État a annulé l'interdiction de la publicité par films et émissions audiovisuelles qui figurait dans le décret du 25 août 1972. Le vade-mecum du CNB (3e édition, octobre 2023) confirme qu'aucun support de publicité personnelle n'est exclu a priori.
La déontologie encadre votre présence sur les réseaux sociaux. elle ne l'interdit pas. Mais le cadre est précis, et le franchir expose à des poursuites disciplinaires.
Ce que vous POUVEZ faire en vidéo
Expliquer le droit en langage courant
Vulgariser des notions juridiques, répondre aux questions fréquentes des justiciables, commenter l'actualité juridique : tout cela est parfaitement autorisé. C'est même encouragé par le CNB, qui y voit un outil d'accès au droit.
Vous présenter et présenter votre cabinet
Expliquer votre parcours, vos domaines de compétence, votre approche. Montrer votre bureau, votre équipe (avec leur accord). C'est de l'information professionnelle légitime.
Commenter l'actualité juridique
Analyser une décision de justice, décrypter une nouvelle loi, donner votre point de vue sur une réforme. La liberté d'expression de l'avocat est large. tant que le commentaire reste conforme aux principes essentiels.
Publier sur toutes les plateformes
L'article 10.5 du RIN précise que l'avocat participant à un réseau social en ligne doit respecter les principes essentiels de la profession. La règle s'applique à toutes les plateformes (TikTok, Instagram, LinkedIn, YouTube, Facebook) sans en interdire aucune.
Ce que vous ne POUVEZ PAS faire en vidéo
Mentionner le nom de vos clients
Le secret professionnel est absolu. En aucun cas le client ne peut autoriser son avocat à lever le secret professionnel et mettre en ligne son nom ou sa photo. Même un client qui vous donne son accord verbal ne vous autorise pas à le citer. le secret vous lie indépendamment de la volonté du client.
Porter la robe hors audience
La robe est réservée aux salles d'audience et aux manifestations professionnelles. Filmer une vidéo TikTok en robe dans votre bureau est interdit. C'est un point souvent méconnu. et un piège courant pour les avocats qui débutent en vidéo.
Mettre en avant des résultats
"J'ai obtenu 100 000 € de dommages-intérêts pour mon client", "95 % de taux de relaxe" : ce type de communication est contraire aux principes de modération et de délicatesse. Même anonymisé, le résultat d'un dossier ne doit pas servir d'argument commercial.
Faire de la publicité comparative
"Contrairement aux autres cabinets de la ville, nous...". interdit. Aucune comparaison directe ou indirecte avec des confrères.
Promettre un résultat
"Nous vous garantissons l'obtention de...". interdit. L'obligation de l'avocat est une obligation de moyens, pas de résultat. Toute communication qui laisse entendre un résultat garanti est contraire à la déontologie.
Afficher des témoignages clients
Les avis de clients qui reposent sur une "expérience personnelle et subjective" ne répondent pas à l'objectif d'information du public. Afficher des commentaires élogieux viole les principes de délicatesse, modération, dignité et loyauté. car l'avocat est responsable des commentaires publiés.
La ligne directrice : les principes essentiels
Le RIN ne fournit pas une liste exhaustive de ce qui est autorisé et interdit en vidéo. Il fixe un cadre fondé sur les principes essentiels de la profession. En application de l'article 10.2 du RIN, toute communication de l'avocat doit être "loyale". L'information doit être "véridique, respectueuse du secret professionnel et empreinte de dignité, délicatesse, loyauté et modération".
Concrètement : si votre vidéo respecte le secret professionnel, ne dénigre personne, ne promet rien et informe le public avec dignité, elle est conforme. Chacun des formats vidéo efficaces peut être réalisé dans le respect de la déontologie.
Le rôle d'un accompagnement professionnel
La complexité de la déontologie est une raison supplémentaire de ne pas se filmer seul sans accompagnement. Un professionnel de la vidéo juridique connaît ces règles. Il rédige des scripts conformes, il vérifie que rien dans le contenu ne franchit la ligne, et il vous alerte si un sujet est sensible.
Un écart déontologique dans une vidéo vue par des milliers de personnes est un risque que vous ne pouvez pas prendre.
Mediavocats connaît la déontologie de votre profession. Nos scripts et nos vidéos respectent les principes du RIN. pour que vous soyez visible sans jamais être exposé.